Que faire pendant les vacances ?

Bientôt les vacances, du temps pour se reposer, mais aussi pour sortir un peu, découvrir des jardins, des expositions…dans la région et ailleurs.

Quelques idées….

A Orléans

 Les grands magasins jusqu’au 30 juin 2018  – Centre Charles Péguy – Orléans

les_grands_magasinsE-commerce, achats en ligne, soldes et publicités peuplent notre quotidien et nous sont familiers. Mais qui se doute que l’on peut faire remonter l’histoire de ces derniers jusqu’au beau milieu du XIX e siècle ? Car il y a bien eu une Belle époque des grands magasins. C’est elle qui verra les idées novatrices et audacieuses d’Aristide Boucicaut, d’Ernest Cognac, d’Alphonse Kahn ou de Théophile Bader, prendre forme et s’épanouir pour développer l’art du shopping que nous pratiquons encore.

A Tours

silent show

Dans la salle noire, exposition de Cécile Bart jouant de façon inédite sur le triple registre de la peinture, du cinéma et de la danse. Un dispositif conjuguant pour la première fois ses peintures/écrans et la projection cinématographique.

fourmisQue l’on habite la campagne ou la ville, les fourmis font parties de notre environnement proche. L’exposition inédite « Fourmis » a pour objectif d’inviter le visiteur à connaitre leur fabuleuse diversité et leur organisation sociale à travers différents modules thématiques et interactifs.

A Blois

  • François Delarozière, La MachineMaison de la BD à Blois – Jusqu’au 26 mai 2018Croquis-expoCette exposition vous permettra de (re)découvrir l’univers de la compagnie La Machine. Cette dernière développe de nombreux projets aussi bien dans le domaine de l’aménagement urbain (Les machines de l’Île à Nantes, Les animaux de la place à La Roche-sur-Yon) que celui du spectacle de rue (Long Ma Jing Shen, Les mécaniques savantes, La symphonie mécanique…).Au travers de dessins, de photos grands formats, de vidéos et de machines, elle vous permettra de comprendre l’aventure singulière de cette compagnie de théâtre de rue qui, par ses spectacles et ses projets urbains, transforme nos rues et nos places en un grand théâtre, et renouvelle le regard que les habitants portent sur leur propre cité.

     

     

    La Galerie des Illusions  jusqu’au 16 septembre 2018 – Maison de la magie Robert-Houdin – Blois25692_954_affiche_galerie_illusions_2018_webA l’occasion de son 20e anniversaire, la Maison de la magie Robert-Houdin expose une centaine d’œuvres réalisées par près de 50 artistes contemporains, sélectionnées sur concours. Autour du thème de « l’illusion », de nombreuses disciplines sont convoquées au sein d’un vaste cabinet de curiosités : peinture, sculpture, dessin, origami, céramique, design, broderie, marqueterie, photographie, holographie, vidéo ou réalité augmentée. Une rencontre exceptionnelle entre l’acte plastique et l’intention magique, au service de l’étrange et du détournement des sens.

A Chaumont-sur-Loire

 Festival international des jardins au domaine de Chaumont-sur-Loire (41). Thème 2018 : Les jardins de la pensée.

aff_festival_2018 Cette édition vous fera découvrir, entre autres singulières architectures vertes, de véritables “bulles” de pensée, un jardin de méditation japonais bleu Klein, radicalement contemporain, une spectaculaire anamorphose rouge, un sculptural livre de sable, une architecture en spirale inédite, un cloître contemporain orné de sublimes “fleurs de plume”, de délicats kokedamas figurant vos neurones… bref, une époustouflante combinaison d’idées, d’inventions et de poésie végétale.

A Paris

  • David Goldblatt – L’Afrique du Sud : son histoire, sa géographie, ses habitants jusqu’au 13 mai 2018Centre Pompidou

goldblattLe Centre Pompidou consacre pour la toute première fois une rétrospective à l’œuvre de David Goldblatt, figure clé de la scène photographique sud-africaine et artiste phare du documentaire engagé. À travers ses photographies, Goldblatt raconte l’histoire de son pays natal, sa géographie et ses habitants. L’artiste entretient dans son œuvre une tension singulière entre les sujets, le territoire, le politique et la représentation. L’exposition retrace son parcours à travers un choix de séries majeures et dévoile aussi des ensembles plus méconnus, comme ses premières photographies prises dans les townships de Johannesbourg. La série On the Mines, devenue aujourd’hui une œuvre emblématique de l’histoire de la photographie documentaire, est présentée avec des tirages de travail.

tsiganesDe multiples représentations des tsiganes ont traversé l’histoire de la photographie. Cette exposition pose un nouveau regard sur eux, et permet de comprendre les origines d’une discrimination encore présente aujourd’hui. Plus de 800 photographies illustrent la double approche du parcours : anthropologique et documentaire d’une part ; artistique avec un accrochage de la série Les Gorgan du photographe Mathieu Pernot, qui met en lumière la famille arlésienne qu’il a suivi pendant 20 ans, de l’autre. L’exposition propose de voyager à travers l’Histoire, à la rencontre de la communauté tsigane. D’une vision romantique héritée du XIXe siècle aux images d’un peuple asocial et archaïque, de la fascination au rejet raciste : le parcours revient aux origines pour s’arrêter à notre époque, à travers documents d’archives et photographies contemporaines.

  • Artistes et robots jusqu’au 9 juillet –  Grand Palais

robotsCette exposition invite tous les publics à expérimenter des œuvres créées par des artistes à l’aide de robots de plus en plus intelligents. Une trentaine d’œuvres nous donne accès au monde virtuel immersif et interactif, à l’expérience sensible du corps augmenté, de l’espace et du temps bouleversés.

Bonnes vacances !

S.J.

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Comment (bien) rater ses vacances

  Le lundi, c’est lecture !

Encore un roman d’Anne Percin, beaucoup plus joyeux cette fois, et d’actualité à l’approche des vacances.

percinComment (bien) rater ses vacances – Anne Percin

Les vacances d’été approchent et Maxime, 17 ans, ne se sent pas de passer les vacances en Corse avec ses parents et sa petite sœur, à crapahuter sur le GR 20.

La petite sœur non plus, d’ailleurs, qui obtient sans peine de passer deux semaines en colo avec sa meilleure-amie-pour-la-vie. N’ayant aucun copain avec qui partir, Maxime se rabat sur sa grand-mère, à quelques stations de bus de chez lui.

Il l’aime bien Mamie Lisette, ancienne instit, généreuse et l’esprit vif. Il l’aime d’autant plus qu’il lui a fait acheter un ordinateur et que sous prétexte de mettre ses logiciels à jour, il va pouvoir passer des heures à regarder les films gores qu’il adore, et à tchater avec ses deux seuls amis, Alexandra et Kévin (sacrés personnages ces deux-là aussi !). Les vacances s’annoncent donc finalement très bien pour cet ado un brin solitaire, qui cultive un look décalé, qui s’éclate sur du rock des années 70, qui théorise à qui mieux mieux sur l’économie mondiale, qui trouve les couples d’amoureux ridicules et qui manie humour, cynisme, sarcasme et ironie avec talent.

Seulement voilà, la grand-mère fait une crise cardiaque et rien ne va plus. Les catastrophes s’enchaînent, il a affaire à la police, ses parents sont injoignables et la petite sœur déprime en colo.

Et on suit avec plaisir les aventures de Maxime qui va devoir sortir de son isolement et faire face, comme un adulte responsable qu’il est en train de devenir.

L’auteur réussit à nous attacher à son personnage et mêle adroitement émotion et humour tout au long du récit. Et de l’humour, il y en a ! Anne Percin a réussi à faire du quotidien d’un gamin solitaire une aventure palpitante. J’ai adoré ses expériences culinaires désopilantes, ses playlists sur l’ordi,  ses matches de ping-pong verbal avec sa grand-mère,  sa relation avec le chat…dont il est le parrain…  J’ai  aussi été touchée par les descriptions de ses moments d’abattement – on a beau être le roi de l’humour, la vie parfois, c’est pas facile.

Un très bon moment de lecture en compagnie de ce grand ado à la langue bien pendue et qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ceux qui nous entourent…

S.J.

Her de Her (2018)

Derrière ce nom de groupe quelque peu mystérieux et résolument féministe se cachaientHer jusqu’il y a peu deux français, Victor Solf et Simon Carpentier, qu’on avait pu voir oeuvrer précédemment dans le groupe rennais survitaminé de The Popopopops. Après deux EP remarqués Tape #1 et Tape #2, j’attendais avec impatience le premier album et c’est avec une grande tristesse que Simon Carpentier, suite à un cancer, est allé taquiner les Muses là-haut et rejoindre la somme incommensurable des talents du Club des 27 cet été… Victor Solf a fait le choix de mener jusqu’au bout l’aventure de Her et de rendre en quelque sorte un « hommage posthume » à son camarade de toujours, en s’appuyant sur un grand nombre de titres écrits à deux ou déjà sortis sur les EP. Bien lui en a fait, tant cet album est un véritable bijou de soul sensuelle à souhait.

D’emblée We Choose donne le ton, morceau fort en émotion qui brille par son dépouillement à peine atténué par quelques cuivres discrets et claquements de doigts. Le deuxième morceau me rassure car la volonté de ne pas se laisser déborder par un excès de pathos, au vu du contexte de parution de l’album, est réelle avec le déjà célèbre Five-Minutes, sublime alliance entre sonorités électroniques et mélancolie sous-jacente. Voilà pour moi un refrain qui fait mouche à chaque fois avec ces synthés obsédants. Après un Icarus plus groovy avec sa basse si ronde, Blossom Roses s’impose comme un autre temps fort de l’album où les sonorités électroniques enveloppent avec grâce la voix de Victor. Je ne vais pas trop empiéter sur votre plaisir de découvrir la suite mais espère que vous saurez vous laisser séduire par l’ovni urbain On&On où l’incontournable Roméo Elvis vient poser son flow aux côtés de AnnenMayKantereit, le sensuellissime Neighborhood (humm cette basse), la résurgence soul de Jamiroquai Wanna Be You ou encore le saxo de Swim avec Zefire en featuring. Voilà en tout cas un bien bel album dont le plaisir d’écoute s’enrichit au fil des écoutes tant la production est extrêmement léchée. J’en connais un là-haut qui doit avoir le sourire…

 

Sylphe

Le premier été

premier étéLe Premier été – Anne Percin

Par une fin d’été, deux sœurs se retrouvent dans la maison de leurs grands-parents où elles ont passé les étés de leur enfance et de leur adolescence. Les grands-parents ne sont plus là, il faut vider la maison. Catherine, la benjamine et narratrice, ne semble pas vouloir garder quoi que ce soit de cette époque. Un souvenir douloureux est apparemment lié à l’été de ses 16 ans.

Les deux sœurs ont été très proches mais quelque chose les a éloignées, ce quelque chose qui hante Catherine depuis des années, qui devient insupportable et qu’elle décide de confier enfin à sa sœur Angélique dans un long monologue.

Ce secret, nous ne le découvrons qu’à la fin d’un récit magnifique et poignant. Un secret qu’on est bien loin de deviner tant il est amené par des souvenirs somme toute banals par l’auteur qui nous entraîne du côté de la nostalgie. Les plus de 30 ans s’y retrouveront forcément dans les évocations des musiques, des émissions télé ou des références vestimentaires . Qui n’a pas connu aussi les vacances chez les grands-parents à la campagne, la cueillette des haricots verts à la fraîche le matin, les étés écrasants de chaleur, la langueur qui accompagne les chauds après-midis, la lecture de magazines pour ados, le hit-parade ?

On pourrait croire qu’il ne se passe rien, mais l’auteur prend le temps d’installer les conditions pour que le drame arrive, un drame dont tous, à l’exception de Catherine, semblent avoir été des témoins aveugles.

Et puis de nostalgique, le récit va alors devenir de plus en plus douloureux. La douleur, la culpabilité et le remords vont prendre le dessus,  et Catherine vit avec ce poids depuis plus de quinze ans, depuis le jour où elle s’est laissé aller à se comporter comme les autres. D’une écriture apparemment simple, Anne Percin décrit avec la même précision la campagne, les effets de la chaleur, les odeurs ou les tourments et l’inconséquence de l’adolescence.

Tout est sensuel, charnel. Les passages sur la découverte du désir, du plaisir, de son corps et de celui de l’autre sont magnifiques de poésie, à la fois pudiques et sans détour.

Cette histoire de deux vies fracassées, de la perte de l’innocence, est tout simplement bouleversante, dérangeante et hante encore longtemps après avoir tourné la dernière page.

S.J.

 

Higelin – Alertez les bébés

Jacques Higelin est donc parti. Votre serviteur est un fervent admirateur, pratiquement pas une tournée manquée, parfois deux spectacles de la même, des concerts gratuits, des interventions dans des festivals, tous les disques, parfois sur plusieurs supports, y compris de bien rares. Je suis ce qu’on appelle un fan.

De tous ces disques pourtant, s’il ne fallait en garder qu’un seul, ce serait celui-là :higelin C’est en 1975 que le grand Jacquot part à Brest enregistrer un disque avec des copains parisiens et quelques musiciens locaux, comme M. Blette, à la basse. Il a déjà quelques disques derrière lui, dont les deux premiers de ce qu’on appelle aujourd’hui sa période rock, et qui lui ont valu la gloire : BBH 75 et Irradié, ce dernier enregistré avec Louis Bertignac, qui sera ensuite le guitariste de Téléphone.

 Après viendra un disque aux accents plus folk, voire blues, No Man’s Land, puis le double album de la consécration : Champagne pour tout le monde… et caviar pour les autres. On voit se dessiner le chanteur éponge, prêt à se gonfler de tous les genres et de toutes les modes pour ensuite les exprimer à sa sauce singulière. Ce disque de transition, une sorte de joyeux mélange, qui nous prend par la main pour faire le tour des possibles, en est une démonstration.

L’ouverture est fabuleuse, douce et entrainante : une note tenue au synthé, un murmure, on entend « Juste ce que tu sais faire, le minimum », puis vient le roulement du charley, trois notes de basse, en enfin le riff funky à la guitare. On comprend tout de suite que ce minimum là fixe la barre bien haut. Cuivres et rythme lancinant, nous voilà transportés dans les studios de la motown, impossible de rester assis. Le solo bouillant de Pierre Chérèze, compagnon fidèle du poète, achève de charger l’atmosphère avant une descente en douceur.

Le répit n’était que de courte durée : arrive ensuite un morceau qu’on croirait tout droit sorti des deux albums précédents, Geant Jones, deux notes de piano, un roulement de batterie et les enceintes se mettent à cracher un rock sale et binaire à souhait pour raconter l’histoire d’un boxeur qui perd son combat (il faudrait faire un billet sur les boxeurs dans la chanson, Higelin, Nougaro, Lavilliers…). Le break soudain sera prétexte plus tard, en live, à des improvisations délirantes qui allongeront le morceau jusqu’à des 20 minutes.

Malgré la surprise vite digérée du morceau d’ouverture funky, on est quand même rassuré : c’est le Higelin qu’on connait, rockeur, voix criarde, guitares sales, basse claquante et batterie assassine. Mais voilà, soudain, des bruits de hall de gare et arrivent quelques notes d’accordéon, un peu loin d’abord puis qui se rapprochent et se déploient dans la stéréo. C’est La Rousse au chocolat, une fausse bluette unplugged, teintée d’un vague érotisme souriant (le poète délire à partir d’une page de pub dans un magazine), lancinante, presque endormie parfois. Il faut entendre la guitare sèche et ses arpèges subtils, puis la descente de basse. Pas d’erreur possible, après la surtension soul et rock, on est de retour dans les eaux de la chanson française, atmosphère folkeuse en prime.

Puis retour au Texas, square dance pour tout le monde, pour raconter l’histoire d’un type qui veut retrouver une fille qui s’est planquée dans une boite. L’agilité de Pierre Chérèze aux deux guitares (électrique et folk) est juste sidérante. Ce morceau va devenir très vite un des piliers des concerts de Jacques, les deux breaks, dont celui avec la voix d’une jeune femme inquiète, donnant lieu eux aussi à des impros interminables, accompagnées d’histoires improbables.

Un peu de philosophie ensuite, retour à une forme plus folkeuse, deux guitares, basse, congas pour J’suis qu’un grain de poussière. Au titre, ça parait déprimant, mais en fait les envolées à la guitare, les ponts plein de recherche mélodieuse, la voix qui nous fait entendre le sourire, font surtout de cette chanson un éloge à la légèreté :

Tout d’un coup, dans ce disque de 1976, on a l’impression de tomber en plein dans l’actualité avec Aujourd’hui la crise, écrite avec toutes les expressions possibles pour dire qu’on n’a pas le sou, un air presque blues, aux accents New Orleans, avec même un petit bout de hautbois. Là encore, légèreté, impression que tout est sautillant, la banane ne nous quitte pas.

Puis vient l’indispensable ballade, Rien, piano et pedal steel, forme de chanson d’amour libertine : d’un amour qui n’engage à rien, qui n’est que carpe diem. Il ressort du texte une grande douceur, qui laisse passer sans en avoir l’air une sorte de manifeste pour des rapports humains dénués d’engagement, légers, une revendication de l’amour d’un instant.

Avant le morceau de bravoure, sur l’autre face si vous l’écoutez en vinyl, il faut écouter le bruit de la pluie et des voitures sur la chaussée mouillée avant de se plonger dans le blues, à l’accordéon et aux balais sur la caisse claire. C’est Coup de blues, « un coup de blues à 118°, du bon, du gros qui tâche ». Il faut écouter, vraiment, pour l’idée incroyable de jouer du blues avec une formation musette.

Enfin le morceau de bravoure, seul au piano, 10’ magnétiques,  Alertez les bébés, écrite en transe dira plus tard le chanteur. Pour l’enregistrement, Paul Semama, l’ingénieur du son, a posé des micros partout autour du piano, puis il a appuyé sur le bouton et c’est parti. Une seule prise. Retrouver en studio l’énergie qui était celle du chanteur sur scène n’était pas un pari évident, mais c’est réussi. Le cri de colère de Jacquot est saisi comme un cri. C’est juste sublime.

Voilà comment mine de rien, nous avons été conduits de l’habitude rock et électrique qui était celle du chanteur jusque-là à quelque chose de beaucoup moins marqué, plus en recherche. C’est sans doute de là que vient l’impression de totale liberté qui s’en dégage. Higelin ne lâchera plus jamais cette recherche-là. Sans compter l’univers raconté, celui des halls de gare, des rings de boxe, de la banlieue et des routards, qui attendait qu’on lui apporte cette gloire-là.

Il ne faut pourtant pas oublier les musiciens, et voilà, chose tellement rare, que le disque s’achève sur une courte présentation de ceux-ci.

Bref, ce disque est un chef d’œuvre, il transpire l’urgence, le bouillonnement, mais pas d’angoisse, juste l’énergie du désir : c’est une bouffée d’air frais.

M.B.

Quand souffle le vent du nord

Le lundi, c’est lecture !

Emeline de 1ère L nous fait partager un avis de lecture.

vent du nordQuand souffle le vent du nord – Daniel Glattauer

Emmi Rothner se trompe d’expéditeur en voulant envoyer un mail de résiliation. C’est un certain Leo Leike qui le reçoit et lui signale son erreur. A partir de là, naît entre eux une correspondance soutenue qui les rend dépendants l’un de l’autre.

Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, j’ai eu quelques difficultés à entrer dedans. On peut quand même au cours de la lecture, sentir le lien qui se tisse entre les deux personnages et cela nous pousse à continuer pour connaître la suite. On arrive vite à s’attacher aux personnages et on prend goût aux mails échangés et à cette relation à distance qui se crée.

J’ai toutefois trouvé dommage de ne pas savoir si les personnages se rencontrent en vrai à la fin, ce qu’on doit apprendre dans la suite intitulée La septième vague. Emeline 1ère L

Staying at Tamara’s de George Ezra (2018)

En 2014, vous avez dû chantonner en boucle le titre Budapest qui passait régulièrementEzra staying at tamara's sur les radios. Vous ne saviez sûrement pas qu’il faisait partie du premier album Wanted on Voyage d’un anglais à la voix d’encre et à la gueule d’ange George Ezra. Enfin ça c’était avant comme dirait l’autre… George Ezra arrive devant un sommet extrêmement difficile à gravir dans une carrière musicale: le deuxième album ou l’alternative fatale « je confirme pleinement mes talents » ou « je peux aller pointer à l’ANPE car mon premier opus était juste un énorme coup de bol ». Bon bien sûr je caricature franchement la situation et je vous propose de vérifier si George Ezra peut déjà penser à sa reconversion professionnelle (je le vois bien en agent immobilier avec son petit polo vous vantant l’authenticité d’un appartement aux poutres apparentes).

Plus sérieusement George Ezra confirme sur cet opus qu’il possède une voix sublime, chaude et grave qui n’est pas sans me rappeler celle du chanteur de The National, Matt Berninger. Une voix qui se marierait parfaitement dans des ambiances soul mais George Ezra a fait le choix d’un album tiraillé entre ballades un peu sirupeuses et morceaux résolument pop. Clairement, j’aime la simplicité des mélodies de tous les titres pop qui offrent un bel écrin à cette voix sombre: Pretty Shining People et son refrain surprenant ou encore le bijou hédoniste Paradise. Pour les ballades j’avoue être un peu plus circonspect et les trouve trop nombreuses sur la fin de l’album, ce que je perçois comme une solution de facilité. Elles ne sont pas mauvaises et je me laisse facilement désarmer par Hold My Girl ou les réminiscences de Woodkid de Only a Human  mais je préfère les morceaux plus en relief, plus difficiles à classer. Je vous invite ainsi à savourer les univers plus complexes de Shotgun ou du très beau Saviour avec First Aid Kit en featuring.

Cet album, même s’il manque un peu de relief quelquefois, confirme le talent certain de George Ezra dont la voix mérite clairement d’être découverte. La reconversion en agent immobilier n’est franchement plus à l’ordre du jour…

Sylphe

Un mois d’avril en Festivals

Un mois d’avril très riche, des spectacles à ne pas rater. A vos agendas !

  • Soirées performances  du 3 au 14 avril à Orléans – Scène nationale. Pour aller à la découverte du spectacle vivant, mêlant toutes les disciplines artistiques :  danse,  théâtre,  musique, cinéma.
  • Text’ Avril (théâtre) du 16 au 21 avril au Théâtre de la Tête noire à Saran (festival des écritures contemporaines –  des auteurs, des metteurs en scènes, des compagnies, des comédiens, viennent confronter en présence du public, leurs points de vue sur les nouveaux textes. C’est aussi l’occasion d’assister aux prémices d’un futur spectacle et d’entrer dans le processus de création d’une œuvre). Le programme complet ici.
    Saran
  • Jazz or jazz du 24 au 28 avril – Orléans (quelques spectacles gratuits)

S.J.

Kinderzimmer

Le lundi, c’est lecture !

C’est Lucie R. de 1ère L qui donne son avis sur le roman de Valentine Goby.

kinderzimmerKinderzimmzer – Valentine Goby
En 1944, à Ravensbrück. Mila, 22 ans, est internée dans ce camp de concentration majoritairement féminin. A son arrivée au camp, elle découvre qu’elle est enceinte, ce qu’elle cache avec l’aide d’autres femmes. Malgré les conditions de vie dans le camp, sa grossesse se déroule normalement mais elle s’inquiète du devenir du bébé. Mila et ses amies vivent entre la faim, les privations, les blessures, les maladies, la présence constante de la mort, l’appel qui dure des heures à tenir debout, ne pas tomber, sous peine de coups, les sorties pour décharger les wagons, passer et repasser devant le même lac au fil des saisons, l’envie de boire son eau…

Mila accouche finalement en secret et sans bruit d’un petit garçon qui mourra deux mois plus tard, comme la plupart des bébés dans la kinderzimmer, sorte de pouponnière organisée dans le camp. Mila se verra confié « en échange » un petit garçon qu’elle emmènera avec elle quand on l’assignera à travailler dans une ferme jusqu’à la fin de la guerre.

J’ai beaucoup aimé ce roman plein d’émotions et de rebondissements. Mais il est difficile à lire car on imagine vraiment la souffrance de Mila. Ce récit tente de mettre des mots sur quelque chose que l’on ne pensait pas possible : la grossesse et la maternité dans un camp de concentration. Lucie R. 1ère L