Des idées pour le week-end et après

écrivains chambord

  • Pour ce dernier week-end de septembre vous pouvez aller visiter Chambord, profiter des couleurs et des odeurs d’automne dans la forêt et vous promener dans la forêt mais aussi assister à une rencontre avec des écrivains. Joy Sorman, Julia Deck, Pierre Jourde et Eric Chevillard seront  présents le dimanche 30 septembre.

Rencontres gratuites, sur réservation (possibilité de n’assister qu’à une seule des deux). Informations et réservation à culture@chambord.org / 02 54 50 40 23

  • Envie de jardins ? Vous pouvez visiter les Jardins secrets d’automne des jardiniers en Essonne samedi 29 et dimanche 30 septembre. Tout le programme ici.

varda

  • Vous aimez le cinéma ? Retenez aussi le jeudi 4 octobre. Pithiviers fait son cinéma avec la projection de Visages villages d’Agnès Varda et JR.

S.J.

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La couronne verte

Le lundi, c’est lecture ! 

couronne verteLa Couronne verte – Laura Kasischke

C’est une tradition, les lycéens partent s’éclater au soleil en attendant les résultats des examens de fin d’année. Leurs parents mettent en garde leur progéniture econtre les excès de soleil, d’alcool, les dérives de consommation de produits de toute sorte et surtout les mauvaises rencontres. Anne et Michelle, qui se connaissent depuis la crèche, ne font pas exception. Leurs mères respectives leur rebattent les oreilles des dangers potentiels tout en leur suggérant de faire quand même un peu de tourisme et de visiter la pyramide de Chichtèn Itzà, témoin de rites Mayas envers le dieu Quetzalcoatl. Pas de problème, Anne et Michelle sont deux adolescentes raisonnables.

On pourrait croire qu’on va lire un énième roman sur la jeunesse américaine écervelée, à la recherche de soit-disant sensations, et de jeunes filles en quête de leur première relation sexuelle. On est bien loin de là.

Dès le départ l’auteur annonce qu’il y a eu un drame. Ce drame, le lecteur n’en aura connaissance qu’à la fin du roman, et ce sera un choc !

Ces jeunes filles si raisonnables vont malgré tout assez rapidement se laisser entraîner au temple de Chichtèn Itzà par un parfait inconnu rencontré au bar de l’hôtel. Au moment d’escalader la pyramide, Anne refuse d’aller plus loin et laisse son amie partir avec l’inconnu. Son angoisse monte alors que le temps passe et qu’elle ne les voit pas revenir. Son imagination lui fait penser au pire, celle du lecteur fait de même.

Laura Kasischke maîtrise parfaitement le suspense en menant le lecteur ailleurs avant que le drame n’éclate. C’est tout l’avant du drame qui est intéressant, tout comme l’état d’adolescence parfaitement analysé.

Il y a beaucoup de sensualité dans ce récit, que ce soit dans la description de la nature ou des corps. Une des plus belles scènes où l’auteur sait parfaitement faire émerger les sensations se passe dans la pyramide, dans le noir total. Michelle y voit, entend et sent tant de choses qu’elles prennent presque vie sous nos yeux. Cette scène est également très anxiogène. Elle précède le drame qui ne sera encore une fois pas là où on l’attend.

Un roman à lire pour sa construction – l’auteur nous plonge dans la tête des protagonistes, pas d’explications, pas de pathos – , et pour l’écriture maîtrisée et poétique. Un beau roman d’apprentissage.

S.J.

Clip du jour: If You Really Love Nothing d’Interpol (2018)

Au début des années 2000, les critiques musicaux ont constaté un véritable renouveau du rock, porté par des groupes jeunes ayant pour certains connu un succès d’estime considérable. Au milieu de The Strokes, Kasabian, Bloc Party, The Killers ou encore Franz Ferdinand, Interpol a su s’imposer dans une veine plus post-punk.  Hier est sorti leur cinquième album Marauder toujours signé sur le label Matador Records, ainsi que le clip du morceau If You Really Love Nothing. Le morceau percutant se situe dans la lignée des albums précédents et s’avère brillamment illustré par un clip réalisé par Halla Matar. Ce clip tout en noir et rouge -clin d’oeil aux premières pochettes du groupe- est porté par Kristen Stewart qui incarne avec brio une jeune femme hédoniste qui prend avec légèreté le monde qui l’entoure. Les mouvements de caméra rapides et le goût prononcé pour les plans-séquence épousent avec merveille l’impossibilité de la jeune femme à se poser, guidée qu’elle est par son envie de ne pas respecter les codes. Une surenchère perpétuelle qui laisse le spectateur tout aussi conquis que médusé, à l’image du jeune homme du début. Voilà finalement en Kristen Stewart une belle métaphore du groupe (n’oublions pas qu’elle sort du coffre du taxi amenant Interpol) qui se vante de ne rien respecter, sauf nos oreilles pleines de gratitude de ce morceau.

Sylphe

Festival America

Le lundi, c’est lecture ! 

Si vous aimez la littérature américaine, réservez votre week-end du 21 au 23 septembre pour aller à la rencontre de nombreux auteurs du continent américain à Vincennes.

america

Le Festival America a lieu tous les deux ans, et cette année, c’est le Canada qui est à l’honneur.

Plus de 70 auteurs venant des Etats-Unis, du Canada, de Cuba, du Mexique…..seront présents et échangeront sur leurs écrits. L’occasion de les voir, de les entendre (rassurez-vous, il y aura des traducteurs) et de découvrir de nouvelles pépites à lire.

Si vous voulez vous faire une petite idée de ce qui se passe dans ce festival, allez voir les vidéos de l’édition 2016.

Quelques auteurs que vous connaissez peut-être déjà  seront présents cette année:

  • Etats-Unis : John Irving, Laura Kasischke, Colson Whitehead, Gabriel Tallent
  • Canada : Alexandre McCabe, Michael Winter, Guy Vanderhaeghe, Lise Tremblay
  • Haïti : Dany Laferrière, Makenzy Orcel, Yanick Lahens
  • Cuba : Karla Suárez, Wendy Guerra
  • Mexique : Emiliano Monge, Antonio Ortuño

Le Festival America, c’est aussi des expositions consacrées aussi bien à l’art inuit qu’au Street art. Le programme ici.
 Tout le très riche programme ici.

S.J.

Souldier de Jain (2018)

Fin d’année 2015, un petit bout de femme d’une vingtaine d’années nous inflige uneJain détonante dose de fraîcheur avec son premier opus, Zanaka (enfant en malgache). Jain, en référence à la religion du jaïnisme que je vous invite à découvrir dans le brillant roman Pastorale américaine du regretté Philip Roth , nous illumine avec une pop spontanée et humaniste qui s’inspire des multiples séjours à l’étranger (Dubaï, Congo, Abu Dhabi) de l’artiste. Cette facilité à entremêler les musiques du monde pour créer une pop aussi personnelle que faussement simple permet à Jain de connaître un succès immédiat, lui permettant de gagner la Victoire de l’artiste féminine en 2016. Les débuts sont idylliques et, en écoutant ce deuxième opus Souldier, j’espère que le voile de la spontanéité ne va pas se déchirer et que je vais pouvoir rester dans le monde idéalisé cher à Jain.

Les premières notes de On My Way surprennent d’emblée, l’ambiance paraît plus sombre et plus électro et la voix beaucoup plus affirmée. J’ai l’agréable impression de découvrir un trip-hop moderne tout en subtilité et originalité, comme le prouve la surprenante fin orientalisante. Flash (Pointe-Noire) et son introduction portée par les cuivres digne d’un Wax Tailor nous ramène dans des terres qui nous sont plus habituelles, une pop plus facile d’accès et particulièrement recherchée dans l’instrumentation (ahhh ces violons…). Alright, un de mes morceaux préférés, reste dans cette veine d’une pop addictive qui allie le phrasé plus hip-hop de Jain à un univers digne de Bollywood. Oui l’image peut paraître surprenante mais Jain a pour objectif de briser les barrières de manière assez évidente. Mon sommet de l’album est le très émouvant Oh Man porté par les percussions et les ruptures de rythme que je vous laisserai savourer dans la vidéo ci-dessous.

L’objectif n’est bien évidemment pas de vous résumer l’album en entier mais je constate avec plaisir l’évolution du chant de Jain qui sait se faire protéiforme. Puissant dans le plus classique Feel It que ne renierait pas une Sia, c’est dans un flow plus hip-hop que Jain me suprend, évoquant Nneka ou Selah Sue dans Inspecta ou encore Adu Dhabi. Comparé à Zanaka, ce Souldier gagne en diversité dans les atmosphères, allant de la douceur downtempo du très beau titre éponyme Souldier à la rythmique âpre du plus dispensable Star. Cette diversité aboutit cependant à une belle homogénéité et confirme qu’il va falloir compter sur la pop du monde de Jain pour les années à venir. Et puis franchement lorsque l’on se permet d’attaquer un morceau sur l’air d’Inspecteur Gadget c’est bien là une manière de nous convaincre que l’enfance de Jain est, pour notre plus grand plaisir, loin d’être finie…

Sylphe

Que faire ce week-end ?

Il va faire beau encore ce week-end, l’occasion de sortir et de faire de belles découvertes.

Vous êtes à court d’idées ? Je vous aide.

hop pop hop

  • vendredi 14 et samedi 15 septembre vous pourrez assister au festival Hop Pop Hop organisé par L’Astrolabe à Orléans. Ce festival est dédié aux artistes de demain et fait partager des tendances inédites et des univers musicaux en devenir. Les 35 groupes programmés se produiront dans 6 lieux du centre-ville d’Orléans (Jardin de l’Evêché, Centre Chorégraphique National d’Orléans, Scène nationale d’Orléans, le 108 et Hôtel Dupanloup).

Le programme détaillé ici.

falzart

  • samedi 15 et dimanche 16 septembre, festival Falz’arts à Fay-aux-Loges. Des spectacles gratuits. Pour en savoir plus c’est ici.

JEP

  • 15 et 16 septembre, Journées européennes du Patrimoine. Où que vous soyez ce week-end, vous trouverez de quoi visiter. Le programme de toutes les régions ici.

S.J.

Jenna Fox, pour toujours

Le lundi, c’est lecture ! 

jenna fox

Jenna Fox, pour toujours – Mary E. Pearson – (Titre original : The Adoration of Jenna Fox) – Roman disponible au CDI

Jenna Fox a 17 ans, elle sort de dix-huit mois de coma après un terrible accident. Elle semble aller bien mais ne se souvient de rien de sa vie d’avant. Sa mère lui donne à voir des films de son enfance pour essayer d’activer sa mémoire : c’est ainsi qu’elle se rend compte qu’elle était idolâtrée par sa famille. Elle trouve donc étrange la froideur de sa grand-mère.

Sa mère la couve, ne lui permet pas de sortir, d’aller au lycée, de rencontrer d’autres personnes. Jenna souffre de ne pas voir d’autres jeunes de son âge et ne comprend pas pourquoi certaines pièces de la maison lui sont interdites, pourquoi elle ne peut pas manger les mêmes aliments que les autres, pourquoi les oiseaux refusent de venir sur sa main…

Au fur et à mesure que les souvenirs lui reviennent, elle comprend qu’un très lourd secret entoure son accident et son retour à la vie.

Impossible d’en raconter plus sans ôter le plaisir de la découverte. Cette découverte, nous la faisons par touche, au même rythme que Jenna qui se livre à la première personne. Les questions qui émergent la renvoient à des mots dont elle avait oublié le sens. C’est du sens qu’elle cherche, le sens des mots, le sens de sa vie, elle ne cesse de questionner son identité et cherche des réponses. Et chaque réponse appelle une nouvelle question.

Dans ce roman d’anticipation, à travers la quête d’identité de Jenna, l’auteur aborde divers thèmes  et pose nombre de questions au lecteur : sur l’amour parental, sur les limites et les dérives de la recherche scientifique, sur l’éthique, sur le regard porté sur l’autre, sur ce qui fait qu’on est humain.

On suit avec plaisir ce récit dans lequel on pense avoir trouvé la clé de l’énigme, mais où chaque voile levé en fait apparaître un autre.

S.J.

Lee Jeffries

Une exposition à ne pas manquer !

(Il faut faire vite, elle se termine le 15 septembre.)event_portraits-de-lee-jeffries_499809

Si vous avez l’occasion d’aller à Orléans, réservez un peu de temps pour aller voir cette toute petite exposition au Centre Charles Péguy. Vous y verrez des portraits magnifiques de SDF auxquels Lee Jeffries, photographe anglais, donne une véritable dignité.

Portraits en gros plan, noir et blanc, des visages, des mains, abimés par la vie, mais que l’objectif de Lee Jeffries rend beaux.

Depuis 2008, il parcourt le monde pour sortir les laissés pour compte de l’anonymat, toujours avec le plus grand respect de l’individu sans jamais sombrer dans le misérabilisme. Il ne se contente pas de les photographier, il va à leur rencontre, connaît leur histoire et grâce à cela, réussit à leur rendre l’humanité que la société leur avait enlevée.

Plus d’infos sur l’exposition ici.

Pour voir plus de photos de Lee Jeffries ici.

S.J.

Le confident

Bonne rentrée à tous !

Le temps encore estival prolonge un peu les vacances, mais il faut se faire une raison….l’heure de la rentrée a sonné !

Vous avez certainement fait de belles découvertes pendant l’été (films, séries, expositions, lectures, musique, sport…). N’hésitez pas à partager tout ça ici.

Aujourd’hui c’est lundi, nous reprenons donc la rubrique lecture.

Le lundi, c’est lecture ! 

J’aime le contact du livre, tourner les pages, mais quand il fait trop chaud, pourquoi ne pas tenter le livre audio ? Première expérience pour moi avec  Le confident d’Hélène Grémillon, lu par Hélène Grémillon, Sara Forestier, Carole Bouquet, Jacques Weber.

téléchargement

Présentation de l’éditeur

Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d’abord à une erreur mais les lettres continuent d’arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu Camille comprend qu’elle n’est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme. Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

Mon avis

L’histoire en elle-même pourrait être banale : la guerre, une femme en mal d’enfant, une jeune fille sous emprise, des hommes aveuglés, des amours manqués, … Mais ce roman vaut beaucoup pour sa construction très maîtrisée.

A travers des lettres que reçoit Camille, la narratrice, on suit l’histoire dramatique d’Annie et de Madame M. Ces récits imbriqués les uns dans les autres se font écho et les révélations sont habilement distillées dans les témoignages de quatre personnages clé de cette histoire. L’écriture fluide et simple permet au lecteur de ne jamais se perdre.

Le suspense est intense et ce roman m’a tenue en haleine jusqu’à la dernière phrase.

Alors que dire de l’écoute de ce roman ?
J’ai beaucoup aimé les voix et la lecture sobre, entre lecture et jeu, qui a apporté l’émotion et la tension nécessaires à cette histoire. Le côté épistolaire de ce roman se prêtait au changement de voix qui relançait le rythme de la lecture.

Pas un moment d’ennui donc, et une première expérience plutôt positive, même s’il m’a manqué de pouvoir revenir en arrière de temps en temps pour confirmer – ou pas – mes hypothèses.

Livre audio disponible au CDI.

S.J.