Nakamurra

Hiatus, kaiyote, Nakamurra,  Tawk Tomahawk.

Un joyeux charabia qui traduit l’univers du groupe que je vais vous faire découvrir.

Mieux que des mots, place à l’écoute :

Ce groupe australien au style mêlé de mille influences (soul, rock, world music, rap, afrobeat, jazz, fusion…) s’est fait remarqué en 2012 grâce à leur nomination au Grammy Awards.

Ce quatuor mené par la voix éraillée de la chanteuse Nai Palm promène l’auditeur à travers une balade musicale inédite.

Il est de bon ton dans les critiques musicales de trouver des similitudes et des références : un éclat de voix d’Amy Winehouse ou d’Erykah Badu, des cuivres façon sixties, des samples de miaulements de chats, des teintes électro futuristes.

Mais pour ma part, cette musique est tellement singulière qu’il est inutile d’essayer de la ranger dans des boîtes.

Bonne écoute

E.H.

 

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Basquiat

Parmi toutes les propositions parisiennes, vous pouvez visiter jusqu’au 21 janvier 2019 l’exposition Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis Vuitton.

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Influencé par des grands noms tels que  Andy Warhol, Picasso, Jean Dubuffet ou Cy Twombly, ce jeune prodige new-yorkais meurt à 27 ans en laissant des centaines de tableaux et plus de mille dessins.

« L’exposition suit sa création, depuis ses premiers dessins et travaux monumentaux jusqu’aux sérigraphies, collages et assemblages plus tardifs, mettant en lumière son inimitable touche, son utilisation de mots, de locutions et d’énumérations et son recours à la poésie hip hop concrète. À l’existence de l’homme afro-américain menacée par le racisme, l’exclusion, l’oppression et le capitalisme, il oppose ses guerriers et héros. » (source : Fondation Louis Vuitton)

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King of the Zulus
Basquiat Jean-Michel (1960-1988)
Marseille, musée d’Art contemporain

S.J.

Enclave

Le lundi, c’est lecture !

Aujourd’hui, c’est Julie de 2nde13 qui nous parle d’un roman qu’elle a beaucoup aimé.

Un petit mot pour Julie et les fans d’Enclave, il y a une suite (deux autres tomes) disponible au CDI.

enclaveEnclave – Ann Aguirre

Dans cette histoire nous suivons les aventures d’une jeune femme appelée Trèfle. Après une épidémie, New York est inhabitable et les habitants se réfugient dans les tunnels. Trèfle fait partie des chasseurs. Son but est de protéger son enclave. Elle et son ami, Del, vont découvrir des choses sur les monstres et vont se faire bannir de leur habitation. Ils vont être forcés de découvrir le haut de New-York.

Je pense que ce roman développe l’imagination du lecteur, puisqu’il est fait de pleins d’aventures. Par exemple, au moment où ils remontent à la surface, ils vont rencontrer énormément d’obstacles.

Je trouve que l’histoire entre Del et Trèfle est très belle car chacun apprend à l’autre ce qu’il sait comme quand Trèfle apprend à Del la vie des tunnels et Del apprend à Trèfle la vie du haut.

Lors de ma lecture j’ai trouvée que Trèfle était un personnage très attachant car elle n’arrive pas à se permettre des choses. Elle respecte trop la loi. Ainsi, elle ne se permet pas de se rapprocher de Del.

J’ai ressenti de la compassion quand Trèfle et Del ont perdu leurs amis, par exemple lorsque Banière l’amie de Del est décédée.

Par contre, je suis un peu déçue de la fin, nous restons sur notre faim quand nous ne savons pas si l’amie de Trèfle va survivre.

Pour conclure, je conseillerais ce livre car il est très prenant et qu’il a été le seul livre qui m’a vraiment plu parce que je n’aime pas beaucoup lire.

Julie Simoes – 2nde13

Dorothea Lange

Jusqu’au 27 janvier 2019, vous pouvez voir une magnifique exposition de photos de Dorothea Lange,  Politiques du visible, au musée du Jeu de Paume à Paris.

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Dorothea Lange, c’est la photographe des laissés pour compte, des opprimés, ceux qu’elle a rendu visibles, et à qui elle a donné une voix grâce à ses notes minutieuses.

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Migrant Mother, Nipomo, California 1936 . Dorothea Lange
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

Dès 1933, elle a  donné un visage à ces Américains jetés dans la misère par la Grande Dépression,  tout comme elle a voulu dénoncer le sort réservé aux Américains d’origine japonaise internés après Pearl Harbour en 1942.  Ses photos des camps d’internement ont été censurées jusqu’en 2006 et d’ailleurs, nombres d’Américains d’aujourd’hui ne connaissent pas cette partie de leur Histoire.

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Japanese Children with Tags, Hayward, California, May 8 1942. Dorothea Lange
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California

Son insatiable envie de témoigner de son époque dans un engagement social très fort l’a poussée à noter scrupuleusement les paroles de ceux qu’elle photographiait et à contextualiser chaque prise de vue.  Toutes ces notes complètent parfaitement le parcours visuel de l’exposition présentée au Jeu de Paume.

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Dorothea Lange au Texas sur les Plaines Vers 1935
Photo : Paul S. Taylor
© The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

Une photographe engagée à (re)découvrir.

(source photos : Musée du Jeu de Paume)

S.J.

 

 

Garçon ? Fille ? Pas facile

Qui n’a pas entendu Kid, la chanson d’Eddy de Pretto, où il fustige les injonctions de virilité qui pèsent sur les garçons et les hommes.

Mais qu’en est-il des filles et des femmes ?

On m’a parlé récemment d’une reprise féministe de la chanson d’Eddy de Pretto par Barbara Pravi.

Pas facile d’être juste …humain.

Et retour à l’original, au cas où vous auriez vécu dans une grotte ces derniers mois.

S.J.

Les Hauts de Hurlevent

Le lundi, c’est lecture !

Les Hauts de Hurlevent (BD) – Yann (scénario) et Edith (dessin) – Adaptation du roman d’Emily Brontë

C’est l’histoire de Cathy et Heathcliff . Tout commence en 1771 quand M.Earnshaw revient d’un de ses déplacements avec un garçon crasseux, un vrai sauvageon, sans doute un gitan. Mauvaise surprise pour Cathy et son frère Hindley qui attendaient d’autres cadeaux que celui-là. Hindley prend immédiatement Hethcliff en grippe et en fera son souffre douleur. Quant à Cathy, elle en fera malgré tout rapidement son compagnon de jeu. Ils parcourront ensemble les landes du Yorkshire, paysage aussi sauvage que fascinant.

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Quand Mr Earnshaw meurt, Hindley devient le maître et remet Heathcliff à la place qu’il pense être la sienne, celle de domestique. Alors, tout s’enchaîne : l’accident de Cathy qui lui fait découvrir un autre monde et rencontrer le charmant Edgar Linton, le départ d’Heathcliff, repoussé par Cathy, son retour trois ans plus tard et son désir de vengeance quand il apprend le mariage de Cathy avec Edgar.

Pas facile d’adapter ce magnifique roman, si sombre et cruel. Pas facile de rendre en images la lande et la fascination qu’elle exerce sur les deux jeunes gens.

Pourtant il me semble qu’avec cette BD le pari est assez réussi. Bien sûr, deux albums c’est bien court pour donner toute l’ampleur du roman. Mais malgré tout la dessinatrice Edith a su rendre l’atmosphère lugubre et néanmoins fascinante de la maison et de la campagne par un superbe travail sur les verts, jouant parfois avec les bleus, et sur les ocres. Son dessin met bien en évidence la noirceur de certains des personnages. Mais ce qui est peut-être le plus réussi c’est la mise en images de la lande, on y entendrait presque souffler le vent.

Quant au scénario, il suit assez fidèlement le roman, sauf pour une chose : dans le premier album, ce n’est pas Nelly, la vieille servante, qui raconte l’histoire des amoureux maudits, mais Cathy elle-même. Pourquoi ce choix ? Peu importe, l’ensemble fonctionne bien, même si j’ai trouvé l’évocation de l’enfance plus réussie que la suite. Il est vrai que rendre la noirceur des personnages adultes qui ne cessent de se déchirer, et donner corps à la haine d’Heathcliff était plus difficile.

Le cinéma s’est aussi emparé de cette dramatique histoire, dans des versions souvent romantiques comme celle de William Wyler.

wyler

Mais pour moi, la version la plus fidèle à l’atmosphère du roman est celle d’Andrea Arnold.

arnold

S.J.

Des idées de sorties en décembre

Envie de se changer les idées ? De se régaler les yeux et les oreilles ? Voici quelques idées de sorties pour ce mois de décembre.

  • Du futurisme à la naissance de l’abstraction (Kandinsky), conférence du lundi des Amis du Musée de Pithiviers par Serge Legat, conférencier des Musées Nationaux. Lundi 10 décembre à 18h au Théâtre du Donjon à Pithiviers
kandinsky
Dans le bleu
Kandinsky Vassily (1866-1944)
Allemagne, Düsseldorf, Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen
  • Didon et Enée – Opéra d’Henry Purcell (Compagnie Arcal) – Dimanche 16 décembre au théâtre d’Etampes.  (réservations : 01 69 92 69 07 /service.culturel@caese.fr)
  • Moi et François Miterrand  au Théâtre du Donjon – Pithiviers – mardi 18 décembre. Renseignements et réservations ici.

Je vous prie de croire cher monsieur à l’assurance… Hervé écrit au Président. En 1983, le secrétariat de Mitterrand lui répond par une lettre type. Mais pour Hervé, une vraie amitié naît. Hervé Le Tellier, membre de l’Oulipo, invente l’histoire d’un homme ordinaire qui refait l’Histoire.

  • Somos – cirque acrobatique par la Compagnie El Nucleo – vendredi 21 décembre à Montargis. Infos et réservations ici.

S.J.

Du domaine des murmures

Le lundi, c’est lecture ! 

imageEsclarmonde est une voix d’outre-tombe. Elle vient raconter sa vie de jeune fille du Moyen-âge, jeune fille qui a osé dire non à son père et à une société qui soumet les femmes aux ordres des hommes. Elle a refusé l’homme que son père lui a choisi et le jour des noces, a préféré se mutiler devant l’autel plutôt que d’être prisonnière du mariage. Elle a préféré s’emmurer, et consacrer sa vie à la prière et à Dieu. Son père a fait construire une minuscule cellule attenante à la chapelle du domaine et renié sa fille pour son acte de rébellion. Mais est-ce seulement pour cela ?

Dans sa minuscule cellule Esclarmonde va passer de l’extase au doute, mais sa foi ne faillira pas. Loin d’être isolée du monde, son histoire extraordinaire (que je ne révélerai pas ici, lisez ce roman !) va la faire devenir une sainte pour ceux du domaine des Murmures et bien au-delà. Pas besoin pour elle de sortir pour voir le monde,  c’est le monde qui vient à elle, en longues files de croyants cherchant conseil et bénédiction.

Après quelques mois de cette vie tournée vers Dieu et vers les autres, son corps la forcera à prendre à nouveau conscience d’elle-même.

Son père ne supportera pas ce qui arrive à sa fille et fuira vers Saint-Jean d’Acre en se joignant aux croisés.

Je me suis laissé prendre par cette histoire extraordinaire, par la langue de Carole Martinez, par ses mots qui font passer de la réalité sinistre d’une époque rude au bonheur de l’extase mystique. Cette langue, si poétique, décrit avec le même talent la barbarie et la béatitude. C’est de la broderie fine que ce texte-là.

Les personnages sont forts et il est difficile de s’en défaire. Que ce soit le père aimant qui deviendra bourreau, ou Esclarmonde qui continuera envers et contre tout de servir Dieu avec ferveur sans pour autant s’aveugler sur la religion.

Un conte, comme un murmure, qui nous entraîne du côté du merveilleux.

Prix Goncourt des lycéens 2011

S.J.